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"Le geste et la pensée. Artistes et artisans, histoire d'une rivalité de l'Antiquité à nos jours"

"Le geste et la pensée. Artistes et artisans, histoire d'une rivalité de l'Antiquité à nos jours"

lundi 16 décembre 2019

LAURENT Stéphane

Historien de l'art, professeur à l'Université Panthéon-Sorbonne

Aujourd'hui l'art se résume aux artistes mais il n'en pas toujours été ainsi. Longtemps les artisans ont joué un rôle important, voire se sont opposés à eux. La conférence examinera ce rapport critique de l'Antiquité à nos jours, qui fait s'interroger sur l'art lui-même, notamment l'art contemporain, sur le luxe, ainsi que sur la spécificité du design. 

Leonard, Picasso, Wharol, Koons, les artistes fascinent les foules et obsèdent les intellectuels. L'Art semble aujourd'hui se réduire à quelques figures de la peinture dans un marché mondialisé et conceptuel. Un art où le geste s'efface devant la pensée, où la " main ", pourtant capitale, ne compte plus.

Leonard, Picasso, Wharol, Koons, les artistes fascinent les foules et obsèdent les intellectuels. L'Art semble aujourd'hui se réduire à quelques figures de la peinture dans un marché mondialisé et conceptuel. Un art où le geste s'efface devant la pensée, où la " main ", pourtant capitale, ne compte plus.
Qui sait que Louis XIV, l'inventeur du luxe à la française, préférait son service de table en or massif aux grandes fresques du génial Lebrun ? Qui se souvient combien les enlumineurs, orfèvres et autres faiseurs d'images avaient les faveurs des princes du Moyen Âge, adeptes des beaux objets ? Ivoiriers, tapissiers et autres artisans d'art sont les vaincus d'une longue et sourde guerre que les succès éphémères des arts décoratifs ou du design contemporain ne peuvent faire oublier.
Stéphane Laurent revient sur cette histoire et dresse un subtil panorama critique de cette guerre entre l'" Art " et l'artisanat. Il démêle cette question de l'Antiquité jusqu'à nos jours sans omettre des rapprochements avec d'autres civilisations extra-européennes et revient sur les moments essentiels de notre histoire de l'art, relevant les coups de force – telle la naissance des arts libéraux en Italie et en France au XVIe siècle –, les moments d'hésitation ou de reflux, comme le XIXe siècle, avec les Arts and Crafts et l'échec des arts décoratifs. En choisissant le luxe comme fil conducteur, il nous révèle les rapports de l'art avec le pouvoir et l'élite intellectuelle d'un côté, et le rôle de la consommation de l'autre, deux pôles déterminants de la création.

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